Le projet

Le musée La Piscine a déjà connu deux vies : celle du Musée d’Art et d’Industrie, de 1835 à 2001, autour de collections issues du monde industriel textile et de ses grands patrons ; et celle, à partir de 2001, sous le nouveau nom de La Piscine et dans le bâtiment de la rue des Champs.

Depuis 2024, sous la direction d’Hélène Duret et avec toute l’équipe du musée, La Piscine écrit un nouveau chapitre de son histoire. Cette nouvelle page s’écrit au travers de la relecture de deux axes fondamentaux : la transversalité du Musée d’Art et d’Industrie et le musée solidaire.

Tout au long de ce projet se formule le souhait de préserver la singularité de La Piscine, logée dans l’emblématique piscine Art déco de Roubaix.

Vue de l'intérieur du bassin du musée La Piscine, installé dans une ancienne piscine Art déco, avec une grande verrière en forme de soleil coloré. Des sculptures et des céramiques sont exposées au centre, entourées de galeries et d’un plafond voûté.

A la croisée entre beaux-arts et arts appliqués

Arts appliqués et beaux-arts sur un pied d’égalité – Dès ses premiers jours, le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix fait le pari du dialogue entre arts appliqués et beaux-arts. Dans un XIXe siècle préoccupé par la hiérarchie des techniques et genres artistiques, c’est un geste fort qui milite pour la possibilité de voir « l’art dans tout ». Ce pari initial a vocation à être réinvesti, plus que jamais : peinture, sculpture, arts graphiques, céramique, textile, mode, mobilier ne sauraient plus être pensés les uns sans les autres.

Un lieu pour la transversalité des collections – Faire vivre ensemble un portrait, un vêtement, un motif textile permet de saisir et de transmettre l’esprit d’une époque, ses conditions de création et de production. Ce décloisonnement est au cœur du parcours permanent, des expositions et des acquisitions du musée.

Un lieu d’histoire des techniques – Incarner un lieu de rencontre entre art et industrie, c’est aussi défendre l’ambition d’un récit des techniques artistiques. La reconstitution de l’atelier d’Henri Bouchard met à l’honneur les techniques de la sculpture – des pistes de travail sont à l’œuvre pour les autres techniques, du textile à la mode, des estampes à la céramique.

Le musée solidaire

Un musée ouvert à toutes et tous – La Piscine se veut un lieu de tous les publics, avec un accueil volontariste et chaleureux des diversités. Elle intègre la situation sociale si particulière de Roubaix, souvent défavorisée, mais surtout jeune et bouillonnante. Fort de son expérience d’accueil de groupes, le musée amplifie les outils de visite en autonomie dans une démarche de design universel. Des invitations à d’autres arts rythment les expositions : danse, théâtre, musique, arts du cirque, cinéma…

Un musée engagé – La Piscine transmet l’histoire de l’art, mais ambitionne aussi de donner à comprendre ce que les œuvres racontent de la société. Loin de l’image dépassée d’un lieu à l’abri des mouvements du monde, le musée est en prise avec la société et ses enjeux. La Piscine souhaite encourager le débat et la curiosité, apporter des éclairages fondés et des outils de critique constructive, refuser les discours de haine ou qui privilégient le simplisme à la simplicité. Le musée s’engage face à l’urgence climatique par une stratégie de développement durable, touchant aussi bien aux pratiques professionnelles internes qu’aux publics.

Par et pour Roubaix – La Piscine n’aurait pu exister ailleurs qu’à Roubaix. La collection est indissociable de la riche histoire industrielle roubaisienne, de même que l’inventivité et l’audace qui ont donné (re)naissance au musée dans son bâtiment actuel ne pouvaient s’imaginer dans une ville moins éprouvée. La Piscine est aussi et peut-être d’abord un musée de voisinage, au service des Roubaisiens, et souhaite rendre la piscine de la rue des champs aux Roubaisiens en magnifiant la mémoire du lieu. Elle s’engage dans une politique de concertation qui offre un espace d’expression aux voisins, pour que ce musée soit réellement le leur. Enfin, travailler avec Roubaix, c’est tendre la main aux compétences du territoire, et notamment au monde de l’entreprise, avec lequel le musée La Piscine partage une histoire atypique et privilégiée.

Une médiatrice culturelle assise au sol explique le grand tableau représentant le Combat de coqs de Remy Cogghe à un groupe d’enfants attentifs.

Un projet en cours d’écriture

L’équipe de La Piscine écrit en 2025-2026 un nouveau Projet Scientifique et Culturel, prenant la suite de l’emblématique projet « Construire un musée solidaire », rédigé en 1991 par celui qui fut son fondateur, Bruno Gaudichon.

Le nouveau projet s’écrit à l’aune de deux transformations majeures pour le paysage culturel roubaisien. Au 1er septembre 2025, La Manufacture, devenue un musée municipal, s’associe avec La Piscine au sein d’une direction mutualisée, ouvrant la voie à une complémentarité entre les collections et à l’invention de dialogues multiples.

Concomitamment, la création d’un Quartier Créatif autour du musée est l’occasion d’imaginer de nouvelles synergies et des partenariats fertiles. Ce Quartier Créatif, expression de la singularité de ville post-industrielle textile et riche de son foisonnement culturel, inscrit la spécificité roubaisienne au sein de la Métropole Européenne de Lille, autour d’enjeux aussi bien culturels qu’économiques.

Ces transformations sont autant de chances d’enrichissement et de développement pour l’avenir. La Piscine a, depuis 24 ans, prouvé son succès à nul autre pareil : à la fois inattendu et inégalé dans sa spécificité. Son plus grand défi, aujourd’hui, est de se projeter dans un nouveau souffle, arrimé à ses valeurs sociales indissociables et prouvant sa capacité à se renouveler et à se projeter dans le temps long.

Vue extérieure du musée La Piscine à Roubaix : une façade en briques rouges avec le mot “MUSÉE” peint en grandes lettres, et à l’arrière, l’ancienne verrière de la piscine transformée en espace d’exposition.

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